eNR096: Impermanent by Daniele Martini Quartet
Pierre Dulieu, Dragonjazz (30/12/2020)
For Those Who Stay, premier titre du répertoire, évoque le vol erratique d'un oiseau cherchant sa route dans un brouillard épais. Le saxophone ténor s'envole en tournoyant, hésite et, d'arabesque en arabesque, atteint son but dans un parcours aussi élégant que capricant. Auréolé d'une légère réverbération, le piano entretient cette impression de légèreté tandis que la rythmique agile est d'une parfaite pertinence. Telle une première neige hivernale tombant en bourrasque, cette musique expressive apparaît aussi fraîche que pure.

Les titres qui viennent ensuite vont confirmer la première impression d'un quartet extrêmement soudé dont la musique repose sur les codes d'un jazz libre et aérien. Même la composition Cells, en dépit de sa destructuration par des clusters de notes dissonantes lâchées en rafale par Bram De Looze, garde une lecture accessible et évidente. On se réjouit d'écouter cette improvisation ouverte et contrastée qui acquiert une réelle densité quand Daniel Martini vient y souffler en finale des phrases d'une belle intensité.

A l'autre bout du spectre, Auroshika est ce qui se rapproche le plus d'une ballade automnale rythmée en douceur par les balais de Joao Lobo. Quant au dernier titre, il est une sorte d'hommage à Ornette Coleman qui rejetait l'idée qu'il était un être exceptionnel et qui décrivait sa vie (notamment dans les notes de pochette de son album This Is Our Music) par la phrase laconique "Born, Work, Sad, Happy and etc." La musique y célèbre en tout cas avec une belle spontanéité collective un jazz libre qui comporte aussi peu de frontières que celle d'Ornette tout en restant malgré tout beaucoup plus abordable.

Décliné par des musiciens qui voltigent en groupe de façon étourdissante, Impermanent nous fait voyager très loin et se révèle être une réussite majeure en matière de musique improvisée.

eNR107: s/t by Orange Moon
Eyal Hareuveni, Salt Peanuts (12/12/2020)
Orange Moon is a Brussels-based piano trio formed in 2016 by Belgian pianist Hendrik Lasure, Italian double bass player Manolo Cabras and French drummer Mathieu Calleja. The self-titled «Orange Moon» is the debut album of this trio, offering its acoustic and intimate, chamber jazz aesthetics, influenced by the legacy of Jimmy Giuffre Trio (and especially the role of Paul Bley in this trio) and Paul Motian with strong influences from contemporary European classical music.

The 11 pieces were written by the three musicians. The intimate atmosphere is intensified by the close interplay and the economic and subtle nature of the melodic, often impressionist themes, almost miniatures. But within this relaxed atmosphere, Lasure, Cabras and Calleja found a distinctive trip sound of their own. They always attempt to test the familiar dynamics of a jazz piano trio, exchanging leading roles and occasionally search for new timbral options.

«Andante N°2», «Compro», «Tin Tin» and «Caronte» stress the subtle and unpredictable manner of developing a wide range of melodic and playful themes, while improvising and investigating surprising but highly nuanced timbral detail. «Moulin Le Retour» and «Crystal Baby» revolve around the fractured yet inventive pulse of Calleja, with minor but poetic contribution of Lasure and Cabras. «To The Teachers» highlights the seminal influence of Paul Bley on Lasure's sonic language and syntax. The collective improvisation «Last Call» proves that this fine and modest trio knows how to take risks and experiment with sparse textures.

eNR097: LOI by Raf Vertessen Quartet
Selwyn Harris, Jazzwise UK (december 2020) ***
This Belgian percussionist is a perfect fit with the avant-jazz approach developing in Brooklyn, releasing an interesting debut with a focus on garrulous collective free jazz and prog.

eNR107: s/t by Orange Moon
Pierre Dulieu, DragonJazz (28/11/2020)
Het houdt maar niet op met die eigenzinnige piano- trio's uit België. Na het LAB Sur Viscositeit qui ouvre cet album, la musique d'Orange Moon apparaît d'emblée mystérieuse et évanescente, comme des murmures discrets dont le sens se dérobe à l'écoute la plus attentive. On ressent toute la grâce de ce trio en apesanteur qui crée un univers vaporeux et frémissant, un monde quasi irréel en permanence noyé dans un brouillard qui en dissimule les formes. On pense aussi bien à Erik Satie qu'à Paul Bley (celui d'Open To Love) qui ont fait du silence, de la retenue et d'une approche minimaliste les clefs de voûte de leur art musical respectif. Mais la musique du pianiste Hendrik Lasure, du contrebassiste Manolo Cabras et du batteur Mathieu Calleja évoque aussi d'autres références comme sur To The Teachers où pointe quelques dissonances qu'on remarque à peine tant elles sont adéquatement ancrées dans l'ambiance dématérialisée d'un répertoire qui invite globalement au rêve et à la méditation.

Même la pièce intitulée Let's Dance n'a rien à voir à une invitation pour le dancefloor, sauf si l'on considère la danse comme une gestuelle ample et libératrice permettant de communier avec la nature plutôt qu'avec ses semblables. Sur Tin Tin, le phrasé du pianiste se fait plus volubile, lâchant des clusters de notes expressionnistes qui invoquent la liberté d'un Cecil Taylor (celui d'Indent) que le producteur Manfred Eischer aurait convaincu d'enregistrer pour ECM. Le trio retrouve la sérénité avec Caronte qui clôture le disque ; une sérénité un rien inquiétante quand même avec cette contrebasse en arrière-plan que Manolo Cabras fait grincer et gémir comme une âme en peine.

Orange Moon, le disque, est un projet avec une ligne directrice et une forte identité tandis que le trio qui en est l'auteur a su donner à ces belles mélodies éthérées un charme inhabituel qui perdure longtemps après l'écoute.

eNR097: LOI by Raf Vertessen Quartet
Georges Tonla Briquet, Jazz'Halo UK (20/11/2020)
De New Yorkse Belg Raf Vertessen en het Gentse el NEGOCITO blijkt een winnende combinatie. Zeker met Adam O'Farrill, Anna Webber en Nick Dunston aan boord.

Na een tussenstop van enkele jaren in Amsterdam vond drummer Raf Vertessen dat hij klaar was om zijn kans te wagen in New York. We schrijven 2016. Inmiddels heeft hij ginder zijn netwerk opgebouwd. Zijn debuut als leider verschijnt bij het Belgische el NEGOCITO, een label dat duidelijk past bij zijn avontuurlijke muziek.

De vier surfen op (plotse) invallen die meteen gecounterd worden of gezamenlijk verder ontleed en uitgewerkt. Zo gaan ze voortdurend op zoek naar alternatieve interpretaties van (on)gestructureerde geluidspatronen die uiteindelijk toch steeds weer in een bepaalde vorm gegoten worden. Dit alles met inbegrip van totale stiltes die weliswaar al snel opengebroken worden. Openingstrack (en tevens de titeltrack) bevat het allemaal. De slepende opbouw met de blazers en roffelende drums leidt aanvankelijk tot een avant-gardistische film noir soundtrack die ten slotte volledig uit de voegen barst en de deuren openzet naar het vervolg.

Alhoewel er negen titels vermeld staan op de hoes, klinkt 'LOI' als een lange flow van ideeën die volgens eigen codes naadloos aansluiten.

Vertessen zijn drumspel doet meer dan regelmatig denken aan de stijl van Teun Verbruggen, een vergelijking bedoeld als compliment. Opvallend en niet onbelangrijk detail, de mixing was in handen van Jamie Branch. De opnamen hadden plaats in de legendarische LOFT Köln.

Het Raf Vertessen Quartet als pleitbezorgers voor vrijheid die ze vervolgens aan de hand van hun persoonlijke improviserende ambachtskennis aanwenden om tot een nieuw model te komen.

eNR097: LOI by Raf Vertessen Quartet
Glenn Astarita, All About Jazz (14/11/2020) ****1/2
Since relocating from his native Belgium to New York City, superb drummer and wily composer Raf Vertessen has ingratiated his talents into the region's always burgeoning improv and avant-garde musicscape, performing with upper-echelon musicians, evidenced on this first-rate debut as a leader.

Here, the drummer cites influences from the dynamic international contingent of 1960s free/progressive jazz performers who turned conventional jazz frameworks upside down. The drummer's works include budding layers of sound, by using building blocks amid blossoming cadences, fractured funk beats, free jazz lanes, and gushing outbreaks by trumpeter Adam O'Farrill and tenor saxophonist Anna Webber. But that's not all. The band makes no concessions as they glaringly enjoy formulating all the creative aspects atop a given pulse or theme. Throughout, the frontline delves into cat and mouse-like dialogues and complex, odd-metered unison choruses along with dusty fadeouts or when motifs prompt imagery of the musicians cruising along a curvy hiking trail towards a summit.

The semi-structural components equate to music with a message, absorbed by the ear of the beholder. Moreover, they flirt with minimalism, yet "#4" features Webber's hypersonic lines above frothy undercurrents, where bassist Nick Dunston and the leader propagate a rolling and tumbling pace with unrelenting energy and verve. Rapid-fire solos abound within undulating grooves and offbeat rhythms as the element of surprise is ongoing. Indeed, the program is chock full of tricky mini-arrangements and sizzling dynamics. However, "IRR (1) & #3" is a rather skittish free form romp with a robust gait and numerous dips and spikes. Whereas Vertessen's massive press rolls and snappy hits prod the soloists into exploration mode, leading to brash, regal statements, and more revved up unison choruses as themes reappear and transparently dissolve into nothingness.

The final track, "#2," is introspective with an intimate and solemn undertow, launched by Dunston's weeping arco phrasings. It's an airy tune, although the ensemble opens the playing field during the coda. In sum, Vertessen's quartet turns back the hands of time with an ultra-modern purview on this unexpected 2020-issued gem.

eNR096: Impermanent by Daniele Martini Quartet
Jean-Claude Vantroyen, Le soir Mad p.18 (10/11/2020)***
Le sax ténor Daniele Martini est né à Rome mais après des études aux Pays-Bas, il s'est installé à Bruxelles. Il a travaillé avec Nicola Lancerotti, Giovanni di Domenico, Jordi Grognard, Laurent Blondiau, Nate Wooley. Dans son quartet, il est fameusement bien entouré : Bram De Looze au piano, Manolo Cabras à la contrebasse et João Lobo à la batterie. Six compositions originales du leader. Et des sonorités chaudes, intimes, sensuelles. La voix du sax est veloutée, le piano est créatif et souvent inattendu, la contrebasse est subtile, en motifs de contrepoint, la batterie colore l'ensemble. La musique entrouvre la porte du free jazz sans jamais s'y engouffrer vraiment, sans excès. On est plutôt dans du cool d'aujourd'hui, mais sans aucune froideur. Il y a de la tension dans cet album, mais contrôlée, enrênée, et c'est ça qui est très réussi. A écouter attentivement, un verre de calvados ou de vieux cognac à portée de main.

eNR097: LOI by Raf Vertessen Quartet
Mike, Avant Music News US (07/11/2020)
Not knowing of Brooklyn-based Belgian drummer Raf Vertessen, LOI caught my attention because of his bandmates – trumpeter Adam O'Farrill, saxophonist Anna Webber, and bassist Nick Dunston. Webber, in particular, has made her mark over the last several years as a composer and bandleader, while O'Farrill and Dunston are showing up on more and more recordings of note.

Roughly composed, the music of LOI also incorporates elements of surprise and looseness. While a studio recording, it was put down after the quartet toured Europe for two weeks, playing variations of the material. Thus, the album has a live and open feel while still exhibiting a logical structure.

Vertessen is as comfortable with complex themes as he is with freely-improvised atmospherics and blowouts. His approach is rattling, exploring the nooks and crannies of his set with some use of extended techniques. If anything, he channels the great European free jazz drummers (Bennink, Oxley, Nilssen-Love) but with influences from the modern New York scene.

Webber and O'Farrill are an interesting pair, the former more ready to go outside while the latter plays in a somewhat less radical fashion. This comes together as a push-and-pull, with Webber testing the boundaries and O'Farrill staying mostly grounded. Webber's cerebral approach is on full display – fans of her previous releases will find much to like here.

Dunston's contributions are the most subtle and suffer from modestly low volume in the mix, but he does not intend to stand out. While staying busy, his playing is unobtrusive. Thus, it is a bit easy to miss at first. But a thorough listen of LOI focusing on the bass lines is rewarding in and of itself.

LOI is an intriguing and compelling release from a relative newcomer. It covers a great deal of ground sonically and texturally. Case in point, there is a certain playfulness to some of Vertessen's tunes that breaks up what is otherwise a serious and attention-demanding listen. Highly recommended.

eNR097: LOI by Raf Vertessen Quartet
Brad Cohan, Jazztimes US (03/11/2020)
The dense vocabulary that Belgium-born, Brooklyn-based drummer, percussionist, and composer Raf Vertessen possesses is fit for a wise veteran. The catch is, he's only 27. In just a short stint, Vertessen has quickly established himself as a force in New York City's improvised music scene, counting avant-garde titans like Joe Morris, Joe McPhee, Ingrid Laubrock, and Ches Smith as mentors.

The influence of those luminaries—particularly Smith—resounds on LOI, Vertessen's standout debut as a bandleader. But the loose-jointed Belgian has his own voice, which he employs with ever-shifting tempo changes and mathy fury that give the listener a case of whiplash. While Vertessen is perfectly adept at artful nuance, he's constantly in your face throughout the nine tracks on LOI, thwacking and thumping his drum kit like a mad beat scientist.

However, Vertessen couldn't pull this off alone. He's assembled an all-star-level group to help bring his intricately woven pieces to life: tenor saxophonist Anna Webber, trumpeter Adam O'Farrill, and upright bassist Nick Dunston. They meld seamlessly into the fray, playing close-to-perfect complements to Vertessen's knotty structures.

With Webber and O'Farrill's bouncy, turbulent lines zigzagging over one another and Dunston providing the rhythmic foundation, Vertessen doesn't hang back. Instead, he plays to his strengths with an electrifying array of salvos that progress from slow-building tension to explosive release and back again. That locked-in dynamic comes through on dizzying yet infectious tunes such as the title track, "#4," and "FAKE 3:7." A dominant presence both behind the kit and up front, Raf Vertessen has made quite the debut.

eNR107: s/t by Orange Moon
Herman te Loo, JazzFlits 346 p.7 (02/11/2020)
Het houdt maar niet op met die eigenzinnige piano- trio's uit België. Na het LAB Trio, De Beren Gieren, Lawaai en Donder krijgen we nu Orange Moon gepresenteerd. Het titelloze debuutalbum brengt twee jonge talenten en een routinier samen voor een verrassende staalkaart aan muziek. Pianist Hendrik Lasure kennen we van het duo SCHNTZL en ook drummer Mathieu Calleja valt in de categorie 'jong talent'. Bassist Manolo Cabras heeft een indrukwekkend cv met namen als Toots Thielemans, Ben Sluijs, Erik Vermeulen en Manuel Hermia. Ze brengen hun muzikale kwaliteiten als collectief aan de man en de tracklist van het album laat composities van alle drie alsmede collectieve stukken zien. Lasure beschikt over een subliem, licht en klassiek aandoend toucher, waarmee hij soepel en nooit te nadrukkelijk voor de melodieën en akkoorden zorgt. Hij kan zich ook goed wegcijferen, en op de achtergrond behoedzaam het muzikale discours van kanttekeningen voorzien. Een goed voorbeeld is 'Moulin le retour' waar Cabras en vooral Calleja de vrije ruimte benutten voor een avontuurlijk muzikaal verhaal. Veel van de stukken zijn kalm, overdacht en rubato van aard, en hebben de elegantie van klassieke muziek. Daar waar het trio zich wel aan ritmiek en tempo waagt, komt de naam van Paul Bley bovendrijven, zoals in 'To the teachers.

eNR097: LOI by Raf Vertessen Quartet
Herman te Loo, JazzFlits 346 p.9 (02/11/2020)
Sinds 2016 woont en werkt de jonge Belgische drummer Raf Vertessen in Brooklyn. Aldaar formeerde hij al snel een eigen kwartet, waarmee hij nu zijn debuut als leider maakt. Met twee creatieve blazers (trompettist Adam O'Farrill en tenorsaxofoniste Anna Webber) en de soepele bassist Nick Dunston heeft hij een goed ensemble gesmeed. In vrijwel alle stukken wordt collectief geimproviseerd, waarbij de over elkaar heen buitelende blazers vrolijk stemmend werken. In 'Fake 3:7' en 'IRR(1) & #3' doen ze dat in prettige, nooit overhaaste tempo's en pakkende, ritmische melodieën die hoogtijdagen van de loft jazz in herinnering roepen. Toch zijn het niet alleen tempo en ritme die het totaalbeeld van 'LOI' bepalen. Er zijn ook de nodige stukken die tempoloos zijn en zich richten op spannende klankexploraties. Vertessen toont zich in dit alles een slagwerker die zowel in kleuring en melodievorming als in hink-stap-sprong-ritmiek nu al een meester toont. Zijn composities zijn summier en lijken vaak niet veel meer dan een goed uitgangspunt of raamwerk voor open improvisaties. Maar een zo creatief kwartet heeft niet zo heel veel nodig om muziek te maken die ertoe doet.

eNR107: s/t by Orange Moon
Bernard Lefèvre, Jazz Halo (28/10/2020)
Pianist Hendrik Lasure bekend van bij SCHNTZL in duo met Casper Van De Velde, in trio met Easy Pieces of nog met de zevenkoppige band Warm Bad, hield er daarnaast al enige tijd een eigenzinnig trio op na: Orange Moon. Dit pianotrio liet zich al in 2016 opmerken en vormt een hecht collectief met input van drie geïnspireerde improvisatiemeesters die elk ook nog individueel hun persoonlijkheid uitdrukken.

Voor 'Viscositeit' en 'Compro' tekent Hendrik Lasure uitgesproken minimalistisch en beeldend, terwijl 'Andante N°2', 'To The Teachers' en 'Tin Tin' het iets nerveuzer karakter uitdragen van bassist Manolo Cabras en zo ook drummer Mathieu Calleja in zijn eigen werk 'Moulin Le Retour' en 'Crystal Baby' subtiel en expressief zijn stempel drukt.
Alle muzikale trekjes van deze drie persoonlijkheden vallen helemaal in de plooi terwijl ze open en ook verder nog gezamenlijk improviseren in 'Last Call', 'Propositions', 'Let's Dance' en 'Caronte'. De ingehouden en impressionistische klankkleur roept bij mij het Noorse trio van pianist/kunstenaar Svein Finnerud op. En ook bij Orange Moon raakt me het beeldend karakter van de muziek en de link naar de natuur, van fjorden tot de volle maan. Het nodigt uit tot een introspectief beleven.

Orange Moon is moderne triojazz die melodisch getriggerd, maar met een free jazz geladen spanningsboog, diep gevoelig raakt.

Laat je onderdompelen in het voor deze donkere dagen feeërieke spel van Lasure – Cabras – Calleja bij een oranje of volle maan. Voor de nieuwsgierigen: volle maan komt eraan op het eind van de volgende maanden en de supermaan op 27 april 2021!

eNR073: Live At Dommelhof by Peter Hertmans Quintet
Jean-Pierre Goffin, Jazz'Halo (25/10/2020)
Que tombe dans ma boite aux lettres ce cd huit mois après sa sortie me fait penser que d'autres ont sans doute déjà eu la très bonne idée de le chroniquer (et vérification faite, c'est le cas par mon ami et fin connaisseur Claude Loxhay). Au risque de répéter ce qui a déjà été dit, je ne peux m'empêcher d'écrire sur cette musique qui m'a fait un bien fou dans une période complètement dingue où la seule musique live qu'on puisse se mettre dans les oreilles est celle gravée sur galette.

« La parution d'un CD live est complètement différente d'un album en studio. Les imperfections de l'excitation du moment font partie intégrante du charme de la chaleur du live difficile à atteindre en studio » dit Peter Hertmans dans les notes de pochette. On lui répondra qu'en effet rien n'égale la liberté et l'interaction qu'offre la performance en public et que son album en est un parfait exemple.

Pour ce quintet live au « Dommelhof » de Pelt, le guitariste réunit un quintet d'enfer : Steven Delannoye au sax-ténor, Nicola Andrioli au piano, Jos Machtel à la contrebasse et Marek Patrman aux drums. Le saxophoniste propose en ouverture une de ses compositions aux accents très boppish où chaque musicien développe son discours avec une énergie communicative, en particulier Nicola Andriloi très en verve déjà il y a huit ans (il enregistrait à cette époque « Côté Jardin » avec Philip Catherine).

« Racconti » du même Nicola Andrioli est une petite merveille de lyrisme et de musicalité tel que le pianiste des Pouilles peut en distiller dans ses projets.

Les trois compositions de Peter Hertmans forment l'ossature d'un répertoire dynamique et ouvert où les solos de Delannoye et Andrioli, sur « The One Step » entre autres, s'entrelacent dans les notes de guitare avec une fluidité parfaite. « Merci Philip » s'ouvre sur une improvisation du guitariste mêlant énergie et finesse dans un esprit très « Catherine » le morceau débutant en douceur avant de s'envoler dans un groove intense, souvenir sans doute du « Guitar Orchestra » auquel Philip l'avait invité en compagnie de Pierre Van Dormael, Victor Da Costa et Quentin Liégeois. Le solo de Steven Delannoye suit dans la même construction de détente-tension, ainsi va aussi le solo de piano qui suit passant d'un intimisme velouté à la puissance d'accords à la McCoy Tyner. « Is That You » clôture ce très beau concert avec le sax de Steven Delannoye qui avait déjà participé à la version studio enregistrée sur « The Other Side ».

Une album-témoin d'une session live où les quatre musiciens atteignent en même temps un niveau de musicalité et d'interconnection remarquable.

eNR073: Live At Dommelhof by Peter Hertmans Quintet
Pierre Dulieu, Dragonjazz (24/10/2020)
En octobre 2012, Peter Hertmans, à la tête d'un quintet, fut invité à se produire dans le beau domaine de Dommelhof dans la province du Limbourg et, par chance, le concert fut enregistré et est maintenant édité, huit années plus tard, par le label El Negocito. De toutes façons, cette musique ne se démode pas et sonne aussi fraîche aujourd'hui qu'elle l'était le soir du concert.

Le répertoire comprend une composition de Nicola Andrioli, Racconti, sur laquelle le pianiste dévoile déjà un lyrisme naturel qu'il aura l'occasion d'approfondir plus tard sur ses productions personnelles. Deux autres pièces ont été écrites par le saxophoniste Steven Delannoye. La première, Up-Town, qui ouvre l'album est un bop moderne qui permet au quintet de réchauffer l'atmosphère : après le thème exposé au ténor, les solos de piano, de guitare, de saxophone et finalement de contrebasse se succèdent sur un rythme efficace assuré par le tandem Jos Machtel / Marek Patrman. La seconde, One Chance, sonne comme une lamentation délivrée dans le silence d'un public respectueux. On en profitera pour souligner la qualité de cet enregistrement dont le son chaleureux flatte les oreilles de l'auditeur.

Les trois dernières compositions sont de Peter Hertmans. On épinglera le splendide Merci Philip, sans doute un hommage à Philip Catherine, qui figurait sur l'album Cadences du guitariste sorti en 2007 sur Mogno. Le leader y délivre une improvisation élégante qui séduit par ses qualités mélodiques mais aussi la fluidité de son phrasé, son enveloppe sonore et sa dynamique exceptionnelle. En ce qui concerne les deux autre titres, The One Step figurait également sur Cadences tandis que Is That You? est repris de l'album The Other Side, enregistré initialement en trio et paru en 2004 chez Quetzal Records. L'écouter dans ce contexte, réarrangé pour un quintet, est un vrai régal.

Ce disque qui est le témoignage d'un moment live exceptionnel est en soi un sacré album qui ravira tout fan de jazz surtout en cette période difficile où les concerts sont devenus très rares, voire impossibles. Faites-vous plaisir!

eNR107: s/t by Bloom
Georges Tonla Briquet, JazzHalo (19/10/2020)
Gitarist Quentin Stokart kennen we van bij Edi Olvitt en het Luikse L'Oeil Kollectif. Onder de naam BLOOM schaarde hij indertijd een aantal improvisators van verschillende generaties rondom zich. 'Bloom' is hun volwaardig visitekaartje na de korte introductie in 2017.

De openingstrack dient om wat losse ideeën te suggereren en iedereen de kans te geven zich op te stellen, met drummer Alain Deval en bassist Manolo Cabras voorop. Stap voor stap schuifelen de twee saxofonisten (Bruno Grollet, Clement Dechambre) mee naar voor met gitarist Quentin Stokart in hun spoor. De kaarten zijn verdeeld en de regels gekend. Stokart tekende voor zes onderdelen de lijnen uit, voor de overige vijf is het een zuiver spel van (in de hand gewerkte) toevalligheden waarbij elke protagonist zijn inbreng heeft.

De (vaag) vastgelegde scenario's wisselen telkens af met een gezamenlijke improvisatie. Groot verschil is er niet en voor wie niet op voorhand de volgorde kent, zijn alle stukken onderling inwisselbaar. Langzaam uitgetekende mini tableaus volgen op cut-up passages. Er wordt geschuurd en geschaafd, gekronkeld en gezalfd. Uit schijnbaar ondoordringbare labyrinten duiken plots gestileerde patronen op. Zo doorprikken ze de bedrieglijke eenvoud maar zonder ooit helemaal te ontsporen.

Op een paar uiterst korte uitbarstingen na, is dit een schoolvoorbeeld van het laten samensmelten van partituur en improvisatie op huiskamerniveau. De wisselende verhoudingen gebeuren zonder extreme uitvallen die de onderlinge samenhorigheid verstoren. Voor liefhebbers van labels als Aspen, Intakt en Hubro. Ideale kandidaat voor een volgende editie van Jazz@Home.

Alhoewel dezelfde titel en eenzelfde hoes als 'Bloom' uit 2017 gaat het hier om een totaal nieuwe opname gemaakt op 17 en 18 april 2019 in Werkplaats Walter.

eNR097: LOI by Raf Vertessen Quartet
Tor Hammerø, Nettavisen & Blogg.no (16/10/2020)
Blant de veldig mange tingene jeg kan kan veldig lite om er belgisk frijazz, om ikke i en særstilling, så langt oppe på lista. Her følger et par forsøk på å gjøre noe med dette avsindige misforholdet.

Raf Vertessen med sin spennende New York-kvartett. Trommeslageren Raf Vertessen (27) satte kursen for New York og i stor grad det spennende avantgarde-miljøet i Brooklyn i 2016. Der har han etablert seg blant noen av de ypperste med sitt ekspressive, lyttende og åpne trommespill.

Vertessen har spilt med storheter som Joe McPhee, Ingrid Laubrock og Ches Smith og i forbindelse med en turné på gamle tomter i Europa høsten for to år siden, satte Vertessen sammen et band med noen av Brooklyns mest lovende og mest spennende unge musikanter.

Bassisten Nick Dunston er et nytt navn for meg, mens trompeteren Adam O´Farrill og tenorsaksofonisten Anna Webber allerede er kjente navn i den frilynte sfæren over there. Etter to uker på veien i Europa, som alle fire var veldig fornøyde med, bestemte de seg for å gå i studio i Köln før de returnerte til USA.

Med store doser inspirasjon dra den amerikanske New Thing-scena på 60-tallet via den europeiske frijazzscena og fram til det som skjer i og rundt Brooklyn nuh til dags, gir de fire oss vel en time med ni "låter" fullstendig unnfanga der og da.

Dette er åpen, løs og empatisk musikk med masse dynamikk der fire mer enn lovende og lyttende musikanter møtes på likefot og med ønske om og evne til å skape noe eget. Dette er Raf Vertessen sin debut som bandleder og jeg føler meg trygg på at vi får høre mye mer fra den stemma i tiåra som kommer. Ekstra morsomt er det at "vår egen" Eivind Opsvik har mastra skiva.

eNR097: LOI by Raf Vertessen Quartet
Jordi De Beule, Jazz & Mo (10/2020)
Het gebeurt niet iedere dag dat een Belg geprogrammeerd wordt in The Stone van John Zorn. Sinds drummer Raf Vertessen zich in 2016 in New York vestigde, heeft hij duidelijk zijn draai gevonden in de plaatselijke avant-garde scene. Van over de plas was het dan ook uitkijken naar zijn debuut als leider en eind september verscheen het dan eindelijk op Bandcamp (hier kun je het album bestellen).

Het resultaat werd iets broeierigs, niet te sturen, ongepolijst, recht uit de onderbuik… Niet toevallig, hoewel opvallend, duikt de naam van Jaimie Branch op in de liner notes, als mixer. Met gebalde vuist kroop zij de voorbije jaren uit de underground om de wereld wakker te blazen met haar trompet en rauwe energie. Zonder expliciet de revolutie te preken, duikt ook LOI met de neus vooruit in de chaos van vandaag. De buitelingen die dat een uur lang oplevert, zijn opvallend elegant.

Neem bijvoorbeeld het spannende contrast in het slotnummer. Hoe mooi breekt de trompet van Adam O'Farrill door nadat Nick Dunston al minutenlang de snaren van zijn bas bestrijkt? Maar hoe dreigend zijn ook het spel van Vertessen en Anna Webber op tenor in de achtergrond? Dat de vier mekaar perfect vinden, is de vrucht van een veertiendaagse tour waarin de setlist iedere avond veranderde en ook de partituren durfden doorschuiven. Het is alsof iedereen zodanig thuis is in de muziek dat de muziek zelf de leiding neemt. En zo kan dit kwartet met ronkende namen zich onderweg vrank en vrij uitdrukken op zijn instrumenten. De ene keer haast theatraal, de andere keer frenetisch, dan weer enkel via krakende drumvellen, hijgende blazers, zingende bassnaren...

Jazz op het gevoel, die je de oren doet spitsen. Meer van dat!

eNR097: LOI by Raf Vertessen Quartet
Pierre Dulieu, DragonJazz (10/2020)
This is boundary-pushing jazz. An album tending toward exploratory cadences and rasp dissonance with a gift for evocative images. Energy is palpable throughout the album's 9 tracks and it is impossible to not appreciate the band's effortless proficiency to create in the moment. If you like your jazz free and unconventional, you will be willing to take the time to connect with the material and let yourself sink into it.

eNR097: LOI by Raf Vertessen Quartet
O's place Jazz Magazine, Issue 26.3 (10/2020)
Belgian drummer and composer RAF Vertessen arrived in Brooklyn several years ago and now leads a quartet with Anna Webber (t-sax), Adam O' Farrill (t) and Nick Dunston (b). LOI is Raf's debut recording. It starts out slowly with the title track and the music becomes increasingly more engaging. Fully warmed up, the band excelled on the second half of the recording. The best bets are the spontaneous layering of the horns on "Fake 3-7" and "Cardinal 2-3"

eNR096: Impermanent by Daniele Martini Quartet
Bernard Lefèvre, Jazz'Halo (08/08/2020)
Saxofonist Daniele Martini, geboren in Rome, maar nu al enige tijd gevestigd in Brussel, vormde zijn kwartet met de in onze hoofdstad zeer gewaardeerde Sardijnse contrabassist Manolo Cabras, de Portugese drummer João Lobo en mocht ook rekenen op de super getalenteerde pianist Bram De Looze voor dit album 'Impermanent'.

Daniele Martini tekent voor alle nummers met een open mind en ruimte voor de interactie van de medemuzikanten, als gelijken en vrij persoonlijk solerend, elementen van freejazz zonder daarin ver te gaan, immer melodisch en subtiel ritmische cool jazz. De aanpak van Daniele Martini zoekt het diep en ingetogen op 'Cells' en het slotnummer 'Born Work Sad Happy' na die licht uptempo en fijn free sporen.

Er waart een schaduw van innerlijke verwerking ('For Those Who Stay', 'Impermanent', 'Born Work Sad Happy') en spiritualiteit ('Auroshika', 'Fang Song Song') over 'Impermanent'. Martini draagt het album op ter nagedachtenis aan zusje Francesca.

Daniele Martini weet zich in 'Impermanent' perfect omringd door de creatieve pianospirit van Bram De Looze die heerlijk inkleurt. En dat samen met de karaktervolle ritmetandem brengt Martini's bezielde sax tot een avontuurlijke blend met een onderhuids sprankelende spanning.

'Impermanent' van Daniele Martini kan vergankelijk diep raken!

eNR096: Impermanent by Daniele Martini Quartet
Bernard Lefèvre, Jazz'Halo (08/08/2020)
Saxofonist Daniele Martini, geboren in Rome, maar nu al enige tijd gevestigd in Brussel, vormde zijn kwartet met de in onze hoofdstad zeer gewaardeerde Sardijnse contrabassist Manolo Cabras, de Portugese drummer João Lobo en mocht ook rekenen op de super getalenteerde pianist Bram De Looze voor dit album 'Impermanent'.

Daniele Martini tekent voor alle nummers met een open mind en ruimte voor de interactie van de medemuzikanten, als gelijken en vrij persoonlijk solerend, elementen van freejazz zonder daarin ver te gaan, immer melodisch en subtiel ritmische cool jazz. De aanpak van Daniele Martini zoekt het diep en ingetogen op 'Cells' en het slotnummer 'Born Work Sad Happy' na die licht uptempo en fijn free sporen.

Er waart een schaduw van innerlijke verwerking ('For Those Who Stay', 'Impermanent', 'Born Work Sad Happy') en spiritualiteit ('Auroshika', 'Fang Song Song') over 'Impermanent'. Martini draagt het album op ter nagedachtenis aan zusje Francesca.

Daniele Martini weet zich in 'Impermanent' perfect omringd door de creatieve pianospirit van Bram De Looze die heerlijk inkleurt. En dat samen met de karaktervolle ritmetandem brengt Martini's bezielde sax tot een avontuurlijke blend met een onderhuids sprankelende spanning.

'Impermanent' van Daniele Martini kan vergankelijk diep raken!

eNR093: Rorschach
Ben Taffijn, Draai Om Je Oren (04/08/2020)
Allereerst hebben we de bijzondere combinatie van twee pianisten, Seppe Gebruers en Erik Vermeulen, en twee drummers, Eric Thielemans en Marek Patrman, en hun album 'Rorschach'. Voor wie de Belgische scene een beetje volgt, weet dat we hier met het neusje van de zalm van doen hebben. Mooi is de zin die afgedrukt staat boven de zeven stukken zonder titel: "Please, title the music pieces with your own associations. Thanks." Tja, het heet allemaal niet voor niets 'Rorschach'. Goed, dan zal ik u niet vermoeien met mijn associaties, beluister het album daarvoor vooral zelf. En dus richt ik mij op de klanken die vrij over elkaar heen buitelen, langs elkaar schuren, tumultueuze verrichtingen waarbij de pianisten opvallend percussief spelen. Vrije improvisatie kortom, op het scherpst van de snede. Spaarzame ingetogen momenten, het tweede stuk bijvoorbeeld, waarin duidelijk ook de binnenkant van de piano wordt bespeeld, vormen daarmee een boeiend contrast. En zowaar, in het derde stuk verwijst de muziek naar een melodie, maar ook niet meer dan dat. Onstuimig, maar wel ritmisch klinkt aanvankelijk de vierde improvisatie, mooi bedachtzaam het vervolg. Het vijfde stuk is verreweg het langste van het album en tevens het meest melodieuze, met dank aan de pianisten.

eNR094: Ikebana by DOKO
Ben Taffijn, Draai Om Je Oren (04/08/2020)
De Oostenrijkse saxofonist, klarinettist en geluidskunstenaar Gregor Siedl werkt al enige jaren samen met de in Brussel residerende drummer Nicolas Chkifi onder de naam DOKO. Een Japans woord dat vertaald zoiets betekent als 'waar?'. Een groepsnaam die prima het uitgangspunt van dit duo afdekt: het ontstaat volledig in het moment. 'Ikebana' is pure experimentele elektronica met stevige techno-invloeden en zal zeker niet iedere jazzliefhebber aanspreken. Avontuurlijke geesten die over de schutting durven kijken, zullen de stevige ritmes in 'Sweet Violet' en het speelse noiseritme in 'Rattlesnake Master' echter zeker weten te waarderen. Mooi hoe Siedls elektronica en Chkifi's slagwerk elkaar aanvullen en versterken tot een verdichte klanksculptuur. Bijzonder is ook de felle hectiek in 'Wild Indigo'. Het lijkt wel of we hier met een complete bigband van doen hebben in plaats van met een duo! In 'Schwitchwort' wordt de taal erbij betrokken met samples van woorden die ritmisch de zaal in worden geslingerd. En in 'Cattail II' gaan de twee zich prachtig te buiten aan een stortvloed van klanken. Beluister ook zeker het speelse 'Go-To-Bed-At-Noon'. De combinatie van Siedls spel op de sax in het allerhoogste register en Chkifi's zeer aparte percussie is van grote klasse. Iets dat overigens ook geldt voor het vervolg, waarin Siedl overschakelt op de analoge synthesizer.

eNR072: Rumble, Vlek in Neerpelt by Vlek
eNR074: Live At JazzCase by Reeds & Deeds
Claude Loxhay, JazzAround (29/07/2020)
La scène hollandaise a toujours eu la particularité de proposer des formations originales, libertaires, parfois proches du free jazz et animées par un certain sens de la dérision. En premier, on pense au Willem Breuker Kollektief auquel a collaboré notre compatriote André Goudbeek (as). Mais on peut aussi citer l'ICP Orchestra de Misha Mengelberg auquel s'est joint un moment Garrett List, le Bik Brent Braam, qu'on a pu découvrir début des années 2000 au festival Jazz Brugge. Puis I Compani, très attaché aux musiques de Nino Rota ou le Contraband du tromboniste Willem Van Mannen.

Voici deux autres formations déjantées, toutes deux enregistrées au Dommelhof de Neerpelt, un jazz club à la programmation audacieuse. Du quintet de Peter Hertmans avec Nicola Andrioli et Steven Delannoye au Trio Grande avec le trompettiste Eric Vloiemans en invité, une version « quartet » qui a beaucoup plu à Michel Debrulle mais que personne n'a eu l'idée de programmer ailleurs.

Autour du pianiste Michiel Braam, qui a, par ailleurs, enregistré en solo, en trio pour Monk Materials et pour One for Rahsaan, sont réunis trois saxophonistes pour reproduire la palette sonore de Roland Kirk (ts, stritch, manzello, flûte). Frans Vermeersen (ts, ss) du Contraband et de Breuker Kollektief, Bo Van De Graaf (as, ss) du Bik Bent Braam et I Compani. Alex Coke (ts, fl), membre de Breuker Kollektief. Arjen Gorter à la contrebasse (souvenir d'un concert à Maastricht avec Lee Konitz, Han Bennink et Misha Mengelberg, très agacé par les bavardages du public). Makki Van Engelen à la batterie, membre de I Compani. Neuf compositions de Roland Kirk, de Three for the festival à The haunted melody (autre souvenir, l'émouvant concert de Kirk au Palais des Congrès à Liège, avec George Gruntz, Guy Pedersen et Daniel Humair). Une belle palette sonore: trois ténors (Gift and messages), ténor-soprano (Three for the festival), alto-flûte (Bright moments). Des plages bluesy (Gift and messages) à des tempos échevelés (A laugh for Rory). Une musique intemporelle parce que vivante.

Vlek a été fondé en 2009 par le guitariste Jacq Palinckx: « un collectif avec des racines dans la musique improvisée, le jazz et le rock alternatif ». Palinckx, né en 1959, a croisé Fred Van Hove, Evan Parker ou John Zorn. Au piano et synthé, Bart Van Dongen. Au trombone, Hans Sparla, un musicien hors pair (Contraband, Bik Bent Braam, Eric Van Der Western (Me myself and I, avec Erwin Vann et Laurent Blondiau) et quintet de Paul Van Kemenade). A la trompette, Jeroen Van Doormenik de I Compani. A l'alto et à la clarinette, Edward Capel. A la contrebasse, Bart Palinckx et à la batterie, Pascal Vermeer, membre du trio de Dick De Graaf et Arno Krijger. Six compositions originales, avec une forte présence des sonorités électriques (guitare avec effets multiples et synthé), côté jazz grâce surtout à Hans Sparla (Glop, Intermezzol).

eNR096: Impermanent by Daniele Martini Quartet
Georges Tonla Briquet, Jazzenzo Nederland (28/07/2020)
De eerste repetities van de Italiaans-Brusselse saxofonist Daniele Martini zijn kwartet dateren van ergens eind 2015. Nog geen jaar later stapten de vier een studio in. Door allerlei gebeurtenissen heeft de release pas nu plaats. Geen nood, het betreft tijdloze jazz waarin de protagonisten vertrouwde basiselementen al improviserend ombuigen in hun voordeel.

De opnamen van het debuut hadden plaats in minder aangename omstandigheden. Het leverde Martini wel de kracht en overtuiging om een heel bespiegelende cd af te leveren gedrenkt in een sfeer van classic jazz en dit mede door de hulp van pianist Bram De Looze, contrabassist Manolo Cabras en drummer João Lobo.

Inspiratie vind je overal maar soms overvalt het leven je en put je ideeën uit gebeurtenissen die je liever niet meemaakte. Dat is ongeveer het achtergrondverhaal van 'Impermanent'. Een aantal naaste vrienden van Martini ging door harde tijden en zelf verloor hij in die periode zijn jonger zusje. Elementen die weerspiegeld worden in zijn composities. De saxofonist die anders met veel bravoure uit de hoek komt, laat zich hier horen van een meer filosofische kant. Het mondde gelukkig niet uit in een horror vacui.

Martini blijft zijn statuut van geïnspireerd improvisator trouw. Hij presenteerde de (soms vage) basisideeën en verleende De Looze, Cabras en Lobo meer dan voldoende ruimte om op hun manier alles zeer nauwkeurig aan te vullen en uit te werken. "Dit kon enkel met dit kwartet," vertrouwde Martini ons toe. "Het opnameproces was heel bijzonder voor mij, gezien de situatie. Daarom moest ik kunnen rekenen op de juiste muzikanten".

Alhoewel 'For Those Who Stay' boekdelen spreekt, evenals de cd-titel 'Impermanent', valt er te genieten zonder de achterliggende geschiedenis te kennen. Het overgrote deel van de stukken klinkt eerder beheerst en contemplatief maar wel telkens met een onderliggende spanningsboog. Als meesterlijke coloristen zorgt elk groepslid voor de gepaste accenten en details. 'Cells', dat ongeveer halfweg opduikt, is het meest assertieve nummer, opgebouwd in verschillende etappes en diverse lagen. Meteen ook een uiterst complexe passage met een Martini die nog eens voluit gaat terwijl de drie anderen laten horen waarom ze momenteel tot de meest gevraagde muzikanten behoren. Er wordt afgesloten met 'Born Work Happy Sad' een citaat van Ornette Coleman waarmee hij zijn hele leven samenvatte in een interview. Een uitlaat waarin Martini zich helemaal kan vinden en die hij samen met zijn drie begeleiders bezield illustreert.

'Impermanent' vormt zo een sterk voorbeeld van hoe je extreme emoties kan verankeren in je werk. Ondertussen heeft de saxofonist de nodige plannen voor een vervolg. Maar daarover wil hij voorlopig niets kwijt. Wordt vervolgd.

eNR096: Impermanent by Daniele Martini Quartet
Claude Loxhay, Jazzaround (02/07/2020)
Né en 1977, le saxophoniste italien Daniele Martini a d'abord suivi ses études en Hollande avant de s'établir en Belgique à l'image de son ami sarde Manolo Cabras.

Il fait partie du quartet du contrebassiste Nicola Lancerotti, avec le saxophoniste Jordi Grognard (albums Skin en 2013 et Lux en 2014) et de Mulabanda avec le pianiste Giovanni Di Domenico (Lift your toes en 2013). Il a aussi enregistré en trio avec le trompettiste américain Nate Wooley (plusieurs fois partenaire de Teun Verbruggen) et de João Lobo (Creative Songs Recording en 2016).

Voici le quartet qu'il a présenté à l'An Vert avant le confinement. Au piano, Bram De Looze (Lab Trio, Urbex, trio de Robin Verheyen avec Joey Baron); à la contrebasse, Manolo Cabras (Ben Sluijs, Manu Hermia, quartet avec Jean-Paul Estiévenart) et João Lobo (longtemps partenaire de Mâäk et MikMâäk).

Au répertoire , six compositions originales. Une sonorité chaude et lisse du ténor, sansla moindre raucité, que ce soit sur tempo apaisé, tout en intériorité (Auroshika, avec jeu de balais en délicatesse et finale sur cymbale de Joao Lobo) que sur rythme nerveux (Born Work Sad Happy, Cells).

Le quartet fait preuve d'une belle complicité avec de vigoureuses envolées de piano, une contrebasse solide et nerveuse et un jeu de batterie tout en subtilité.

eNR090: LAMU by Viktor Tóth & The Mahasimadavi Players
Claude Loxhay, Jazz'Halo (16/06/2020)
Né en 1977, Viktor Tóth est un saxophoniste hongrois à la carrière éclectique: trio Arura tout en intimisme, avec Miklos Luckás au cymbalum, l'instrument à cordes typiquement hongrois (album The Present, chroniqué par le passé) ou quartet incisif avec Tercet (But inside). Il a côtoyé son compatriote Mihaly Dresch, le contrebassiste américain William Parker et a auparavant enregistré Popping Bopping avec Bart Maris et Climbing with mountains avec la paire Mátyas Szandai (cb) et Hamid Drake (dm) présente ici.

A la trompette, Bart Maris, leader d'un duo avec Lode Verkamp, membre du Flat Earth Society comme de MikMâäk, ainsi que de Moker avec le guitariste Mathias Van De Wiele.

A la contrebasse, Mátyas Szandai qui a étudié la contrebasse classique à Budapest avant de se tourner vers le jazz, côtoyant Archie Shepp, David Murray ou Chris Potter.

A la batterie et frame drums, l'Américain Hamid Drake, l'un des piliers de la free music: Don Cherry, Pharoah Sanders, William Parker ou Assif Tsahar. Il a enregistré avec Dave Liebman et William Parker mais aussi avec des free jazzmen européens comme Peter Brötzmann (Song sentimentale) ou Mihaly Dresch (Sharing the shed). Pour El Negocito, il a déjà enregistré Live at la Resistenza, avec le saxophoniste John Dikeman.

A la batterie aussi, David Hodek, jeune prodige hongrois (il a commencé à jouer à trois ans) qui a étudié à Budapest.

Enfin, spoken words et rap, Simple One qui a notamment enregistré Vice and virtues.

L'album a été enregistré live au Lamantin Jazz Festival et au Mu Theater de Budapest. Dès le départ, démarrage sur les chapeaux de roue sur tempo échevelé, très tendance Ornette Coleman-Don Cherry, avec ce Rabbit's Race qui porte si bien son nom: éructation de saxophone alto, avec contrepoint de trompette flamboyante sur une rythmique ébouriffée. Après quelques minutes (effet de mode oblige?), le rap de Simple One: "It's not a free jazz festival, it's a rap festival".

Sur Melone Song, un tempo plus apaisé, avec un bel équilibre entre alto, trompette et spoken words. Rocky revient à un rythme plus élevé, avec Simple One qui annonce la météo: prévision de vents violents comme ceux des souffleurs. Sur D run, intro à la flûte, puis Toth passe rapidement à l'alto, avec passage vocal de Simple One.

Sur Yes you can, intro au clavier de Toth avant de passer à l'alto avec partie de spoken words, comme sur D & Ac, Popzene, Ablak et rap sur Triumph sur un rythme de marche solennelle.

Personnellement, question de génération, je préfère les plages sans partie vocale: Afro Kutir ou cette très belle intro de Popzene, jouée en duo alto-trompette, une merveilleuse complicité.

Un compromis entre texte au relent revendicatif et quintet à double rythmique marqué par la musique d'Ornette.

eNR073: Live At Dommelhof by Peter Hertmans Quintet
Claude Loxhay, Jazz'Halo (26/05/2020)
Peter Hertmans est un de nos meilleurs guitaristes, avec une discographie comportant une quinzaine de titres.

Son dernier album, enregistré en trio avec Benoît Sourisse et André Charlier, date de 2018. Voici que sort Live at Dommelhof, le club très actif de Neerpelt. L'album a été enregistré en 2012 mais la musique n'a pas pris une ride, au contraire, ce CD comble un vide et présente quelques nouveautés.

Cet enregistrement live s'intercale entre deux albums de Peter, en quartet avec Daniel Stockart au saxophone alto: Cadences de 2008 et Dedication de 2015 (chroniqué en son temps). Par ailleurs, si Peter Hertmans a croisé plusieurs saxophonistes, tels Erwin Vann, Jeroen Van Herzeele, Daniel Stockart ou l'Allemand Paul Heller pour le récent album Positive de Michel Herr, Steven Delannoye (ts) n'avait encore jamais gravé de disque avec lui, sinon comme invité pour The other side en 2004.

En 2012, Steven Delannoye jouait avec son New York Trio et venait d'enregistrer Uptown avec Franck Vaganée en invité.

Par ailleurs, Peter Hertmans a rarement enregistré avec un pianiste si ce n'est pour Positive, avec Nathalie Loriers, sur la musique de Michel Herr. Il invite ici Nicola Andrioli qui vient d'enregistrer Côté Jardin avec Philip Catherine et qui croisera Steven Delannoye, en 2016, pour Dining in the dark.

A la contrebasse, Jos Machtel, membre du Brussels Jazz Orchestra durant de nombreuses années (on le retrouve sur tous les albums sortis entre 2002 et 2018), mais aussi du groupe de Bruno Vansina (Stratocluster) et du quartet Del Ferro - Vaganée (Happy Notes en 2012).

A la batterie, Marek Patrman qui a souvent joué aux côtés de Manolo Cabras, soit dans le quartet ou quintet de Ben Sluijs, soit avec le trio d'Erik Vermeulen.

Par ailleurs, l'enregistrement live a ses propres caractéristiques : spontanéité et interactivité accrue entre les musiciens et contact direct avec le public qui les galvanise: l'enregistrement live possède "a charming live warmth that is difficult to achieve in studio… let's not forget the role of the audience,without the audience, this music could not exist" (texte de pochette).

Au répertoire du concert, six longues compositions (trois de 10 à 14 minutes). D'abord trois compositions de Peter Hertmans: The one step et Merci Philip déjà présents sur Cadences auxquels se joint Is that you repris à The other side. Ensuite deux compositions de Steven Delannoye (le bopisant Up-Town et One Chance de l'époque du New York Trio) et une d'Andrioli (Racconti).

Le live permet aussi à chacun de prendre des solos ad libitum. Beaux solos de guitare qui mettent en évidence la vélocité de jeu de Peter (Up-Town, Is that you) comme son sens mélodique (Merci Philip, Racconti). On y retrouve la voix chaude du ténor de Steven aux inflexions vigoureuses (le très bop Up-Town, The one step), une voix parfois teintée d'une sonorité veloutées dans les ballades (Racconti, One chance). On retrouve aussi le lyrisme mélodique de Nicola (Racconti) comme son toucher énergique (Up-Town). Jos Machtel impose la sonorité ronde de sa contrebasse (solo sur Up-Town) et Marek Patrman assure un drive vigoureux au quintet.

Chacun est mis en valeur à son tour.

eNR070: Live In Neerpelt by Jozef Dumoulin & Lidlboj
Ben Taffijn, Draai om je Oren (23/04/2020)
Op 13 januari 2011 stond toetsenist Jozef Dumoulin op het podium in Dommelhof, samen met zijn kwintet Lidlboj, dat verder bestaat uit vocaliste/toetseniste Lynn Cassiers, saxofonist Bo Van der Werf, bassist Dries Laheye en drummer Eric Thielemans. Laheye deed voor het eerst mee en Dumoulin is voor de verandering eens niet te horen op de Fender Rhodes. Als puzzelstukjes schuiven de keyboardklanken in elkaar in 'Roger Et Ses Gateaux'. Van der Werfs baritonsax en Cassiers' stem sluiten er naadloos op aan. Voorzichtig bouwen ze een melodie. Een wat aarzelende ritmiek van Thielemans vormt de opmaat voor pure poëzie. In 'August 22nd' kunnen we uitgebreid genieten, op een sloom ritme, van het spel van Van der Werf. Soepel beweegt hij zich tussen hoog en laag. Sfeervolle klanken van de keyboards kenmerken aanvankelijk 'Ik Roep'. Gaandeweg loopt het tempo echter op en belanden we in een ritmische stroom. De zang van Cassiers komt uitgebreid aan bod in 'Walk 3' en 'Onze-Lieve-Vrouw Van Vlaanderen' - in die laatste creatief elektronisch bewerkt. Tot slot klinken spacy klanken in 'January 9th / Lips (excerpt)'.

eNR094: Ikebana by DOKO
Jacques Prouvost, Jazzques (11/04/2020)
Ça commence comme un signal de détresse, un appel à l'aide.
Deux musiciens recherchent des sons et les triturent dans tous les sens.
Ils en extraient des respirations et des rythmes souvent chaotiques qui finissent parfois par prendre forme, par éclore et par vivre. Un peu comme ces fleurs sauvages (auxquelles les titres font référence) qui doivent se battre pour survivre dans un environnement hostile. Ces fleurs, ce sont peut-être nous qui nous débattons et cherchons un sens à la vie. Ikebana (le titre de l'album) est d'ailleurs le nom de cet art japonais qui consiste à harmoniser des bouquets de fleurs tout en se reconnectant à soi-même. Les deux artistes, Nico Chkifi (drums et percussions) et Gregor Siedl (as, cl, synth, sequencer et fx) s'échangent cadences - âpres et brutales - et bribes d'accords en toute liberté. Les sons éclatent et finissent par s'agencer entre eux. Parfois, un groove se dessine (« Wild Indigo ») avant de retourner dans sa crise épileptique. Parfois une voix sépulcrale s'immisce entre claquements, rebonds et frottis (« Switchwort »). On pense alors à certains travaux d'Autechre ou à une certaine scène expérimentale electro dark house, et puis, étrangement, on s'en va flotter du côté de Ligeti (« Blue Violet »). Surprenant. On serait d'ailleurs curieux de vivre cette expérience en live. Ikebana de DOKO est un album intense et bien éloigné des jardins calmes. A bon entendeur... .

eNR094: Ikebana by DOKO
Georges Tonla Briquet, Jazz'Halo (24/03/2020)
Blijkbaar is Chkifi ook een plantkundige en heeft multi-instrumentalist Gregor Siedl een even vreemde obsessie. Met 'Ikebana' brachten ze een zeer aparte catalogus uit. Alle nummers dragen de naam van een plant.

Verwacht je echter niet aan een lieflijke voorstelling want het gaat hier om een rariteitenkabinet met enkel gemuteerde soorten. Er zitten duidelijk een aantal gevaarlijke soorten bij. Zoals de 'Cattail I', door het duo uitgebeeld met een agressieve opeenstapeling van glitch, bleeps en hevige drums. 'Cattail II' is het huiveringwekkend vervolg. 'Sweet Violet' klinkt eveneens minder innemend dan doet vermoeden. Van 'Rattlesnake Master' kan je verwachten dat het er vinnig aan toe gaat. Perfecte soundtrack voor een scène uit een western waarbij een ratelslang in een glazen bokaal zit en de uitdager zijn hand niet mag wegtrekken aan de buitenkant wanneer het dier naar voor sist. Een zenuwslopend stukje.

'Wild Indigo' doet vooral het eerste deel van de titel eer aan. Denk aan een Z-film van de jaren vijftig met dolgedraaide wilde indigoplanten die een aanval uitvoeren op de bewoners van een rustig nietsvermoedend dorpje. 'Switchwort' staat synoniem voor een dissectie. Je hoort enkel wat gemompel en vlijmscherpe instrumenten die robotmatmatig hun werk uitvoeren. En natuurlijk loopt het hier ook verkeerd af.

Zelfs bij ietwat geruststellende passages is er sprake van onderliggend onheil ('Blue Violet'). Er zijn nog enkele exemplaren die we de luisteraar op eigen risico laten ontdekken. Rare botanici deze Siedl en Chkifi. Of wetenschapper Carolus Linnaeus akkoord zou zijn met deze auditieve omschrijvingen betwijfelen we.

Benieuwd of ze ook een postzegelverzameling hebben.

eNR094: Ikebana by DOKO
Franpi Barriaux, Citizenjazz France (01/03/2020)
L’ikebana est l’art ancestral d’agencer les fleurs coupées au Japon. Une ode à la simplicité et à la rigueur. Si Ikebana est le titre du second album de Doko (qui veut dire Où en japonais, mais c’est accessoire), il y a fort à parier que les fleurs en questions sont issues de cactus, ou de roses trémières particulièrement retorses. Voire de fleurs carnivores suppurant de sève toxique. En bref, tout pour plaire à un amateur de noise pas trop porté sur le lys et la marguerite ; on en connaît.

Duo belge constitué du saxophoniste Gregor Siedl et du batteur Nicolas Chkifi, Doko fait dans la fleur rare et rugueuse, avec toute l’acidité des sons électroniques que Siedl fait provenir d’instrument distordus : saxophones passés par toutes sortes de filtres, clarinettes planantes et sons vintage volontairement agressifs, quand la voix ne s’en mêle pas, elle-même percluse d’effets. C’est ce qui nous accueille dans « Cattail I », sorte de punk 8-bits mâtiné d’un breakbeat de labour bien emmené par Chkifi. A mesure que le disque avance, on perçoit le groove fiévreux et psychotrope du duo, notamment dans le turbulent « Wild Indigo » qui bataille sec entre les deux artistes, Siedl dévoilant soudain un son de saxophone presque pur et vraisemblablement dans une colère noire. Bien que les couleurs environnantes soient davantage chatoyantes.

Il ne faudrait pas imaginer cependant que ce disque paru chez El Negocito Records soit sans finesse. Certes, le propos est hérissé d’épines. Il y a néanmoins des instants, notamment lorsque le batteur fourbit ses percussions face à une voix d’outre-tombe dans « Switchwort », où Doko prend son temps pour installer une atmosphère qui n’appartient qu’à eux. Elle peut être suffocante ou glaciale, voire tenant du cartoon (« Go to Bed at Noon »), mais elle n’est jamais tiède et toujours inventive. Il y a certes des filiations, dans l’expérimentation, le free ou le krautrock, mais aussi une volonté de faire feu de tout bois dans ces miniatures instantanées qu’on picore comme des bonbons. Faut dire que les fleurs, c’est périssable…

eNR093: Rorschach
Franpi Barriaux, Citizenjazz France (23/02/2020)
Alliance de quatre routiers de la scène flamande, Rorschach est en quelque sorte une description assez clinique de ce que peut être la musique improvisée en termes de liberté et d’ouverture au monde. Une musique guidée par l’instinct et la décision collective, d’autant que l’exercice est bien délimité : quartet à deux pianos et autant de batteries, installés sur des canaux distincts, la musique proposée par l’aventureux label El Negocito Records fait partie de ces improvisations avec contrainte souvent inspirées de la psychanalyse, lorsqu’elles ne se revendiquent pas d’une filiation oulipienne. Ainsi, le premier morceau, que l’ordinateur nous révélera intitulé « Der Kleine Hans » débute par un duel de batterie entre Eric Thielemans et Marek Partman avant qu’une pluie aigrelette de piano vienne rafraîchir une forêt de bois brut. C’est en tout cas l’image qui émerge immédiatement. Et c’est tout le sujet de l’album.

Inspiré par les taches d’encre aléatoires aux pliages des feuilles popularisé par Hermann Rorschach, qui ont nourri et décrit de nombreux fantasmes, le disque du quartet sait être fiévreux, notamment lorsque Seppe Gebruers (qu’on a déjà entendu avec Onno Govaert) et Erik Vermeulen ajoutent de la fièvre aux silences et aux habillages parfois spartiates des batteries. Ainsi « Rumble Bumble » [1] est une exposition de l’indécision créative, de la nervosité inhérente aux recherches de sonorité aux multiples impasses nécessaires à la découverte de la bonne voie, celle qu’éclaire un piano dominé par une main droite agile et sans limite.

Rorschach laisse libre cours à notre imagination. Il ne livre pas beaucoup d’information et fait confiance à notre libre-arbitre et notre capacité à ressentir la musique, à l’instar des fameux tests du psychanalyste suisse, basés sur la paréïdolie. C’est pourquoi la vraie bonne idée de cet album (tant qu’on n’introduit pas le disque dans l’ordi, donc, ou tant qu’on ne décrypte pas la pochette intérieure, sans indication précise cependant…) est de laisser les titres en blanc, à la libre interprétation de l’auditeur. C’est ainsi que « Jo Jo, The Dog Faced Boy » peut faire davantage penser à une traversée d’une mer calme sur un radeau de fortune, avec la houle qui grossit à mesure que le long morceau avance. Mais tout est affaire d’interprétation…